
Rétrospective : De la création à l'édition

Son origine
Tout a commencé au lycée, en classe de première, lorsque mon professeur de français a consacré un cours à la construction d'un scénario. Pour illustrer ses explications, il s'est appuyé sur Le Voyage de Chihiro du Studio Ghibli.
Le schéma narratif présenté était relativement simple :
Début → Élément perturbateur → Péripéties → Conclusion → Fin
Une ou deux semaines plus tard, il nous annonça que nous serions évalués sur cet exercice. Ma classe et moi nous sommes alors rendus en salle informatique. Chacun prit place devant un ordinateur et, au signal du professeur, ouvrit un document Word. Nous disposions de deux heures pour écrire une histoire respectant le schéma narratif étudié en cours.
Sans le savoir, je venais d'écrire les premières lignes de ce qui deviendrait plus tard Kami No Akuryo.
Le document d'origine, que je possède encore aujourd'hui, ne représente qu'une infime partie de l'œuvre actuelle. Les bases étaient déjà présentes, mais la forme et l'ambition étaient radicalement différentes. À l'époque, le récit ressemblait davantage à un résumé rédigé par un adolescent passionné qu'à un véritable projet d'écriture.
De nombreuses influences étaient également visibles. L'histoire empruntait plusieurs éléments à des œuvres que j'appréciais. L'idée de l'enfant de la prophétie, certaines scènes ou encore différents concepts narratifs provenaient directement de ces inspirations.
Je me souviens également qu'une camarade écrivait une histoire centrée sur des clés ouvrant des portes mystérieuses. Avec le recul, cette idée me rappelle étrangement Suzume de Makoto Shinkai. (Sans les clés, évidemment). Plusieurs années plus tard, ce souvenir m'inspirera indirectement l'utilisation des signes astrologiques, en partie influencée par les clés célestes de Lucy dans Fairy Tail.
Au fil du temps, tous ces éléments ont été retravaillés, transformés puis remplacés jusqu'à donner naissance à un univers qui a progressivement acquis sa propre identité.
À la fin de l'exercice, j'ai obtenu une très bonne note, située entre 17 et 19 sur 20. Cette réussite a renforcé l'idée qu'un véritable potentiel existait derrière ce projet.
Alors que la plupart de mes camarades étaient passés à autre chose une fois le devoir terminé, je continuais à écrire. Je restais régulièrement une à deux heures supplémentaires après les cours afin de développer cette histoire qui n'était encore qu'à l'état d'ébauche.
Les professeurs me laissaient parfois accéder aux salles informatiques lorsqu'elles n'étaient pas utilisées. Tout le monde rentrait chez soi. Tout le monde avait tourné la page de leur histoire.
Moi, non.

L'origine du titre
C’est dans cette même salle de classe, alors que le contrôle de français battait son plein, que le titre Kami No Akuryo est né.
Au moment de commencer l’exercice, il me fallait un titre, mais aucun ne s’est imposé naturellement. Je me souviens avoir pris plusieurs minutes avant d’écrire afin de trouver un nom correspondant à l’idée que j’avais en tête. Cette dernière trouvait notamment son origine dans la confrontation entre Naruto et sa propre part maléfique, peu avant son affrontement contre Kurama.
À cette époque, je réfléchissais beaucoup à l’ambiance générale de mon histoire. Le genre isekai m’est rapidement venu à l’esprit et, puisque les antagonistes de ce type de récit sont souvent appelés « Rois Démons », j’ai voulu revisiter ce concept en imaginant un « Dieu démon », avant d’essayer de le traduire en japonais. C’est ainsi qu’est apparu le titre que vous connaissez aujourd’hui. Je l’ai inscrit en haut de mon document, accompagné de deux traits décoratifs pour lui donner davantage de style, puis j’ai commencé à écrire.
Quelques jours plus tard, en reprenant mes recherches, j’ai cependant découvert que la traduction obtenue n’était plus la même et qu’elle donnait cette fois Akuma no Kami. Ce dernier correspond à la véritable traduction de « Dieu démon ». Cette découverte m’a quelque peu déçu, mais, par attachement au premier nom choisi et sans doute aussi par esprit de contradiction, j’ai décidé de conserver Kami No Akuryo.
Avec le temps, un détail m’a particulièrement amusé : les dernières syllabes du titre, « ryô », correspondent au prénom du protagoniste, Ryô. Cette coïncidence inattendue, ajoutée à la sonorité du titre, m’a définitivement convaincu de l’assumer malgré son apparente mauvaise traduction.
Plus tard encore, en poursuivant mes recherches, j’ai découvert que le terme akuryō existait bel et bien. J’ai alors compris qu’une interprétation plus appropriée du titre serait :
« L’Esprit maléfique de Dieu ».
Depuis lors, c’est cette traduction française que j’associe officiellement à Kami No Akuryo.
En rédigeant ces lignes, je me suis également aperçu que le terme Akuryō apparaissait dans diverses œuvres japonaises et créations plus récentes. On peut notamment le retrouver dans la série de romans Akuryō Series de Fuyumi Ono, publiée à partir de 1989, ou encore dans certaines références de la culture populaire japonaise. Néanmoins, le projet Kami No Akuryo, dont les premières bases remontent à 2017, possède sa propre identité et s’inscrit dans une démarche suffisamment différente pour que ce titre conserve, à mes yeux, toute sa légitimité.
Les inspirations de l'œuvre
L’univers de Kami No Akuryo puise principalement ses inspirations dans deux genres japonais majeurs : l’isekai et le shōnen. Si le cadre général et l’univers relèvent du premier, la structure du récit reprend quant à elle de nombreux éléments propres au second.
L’isekai est un sous-genre de la fantasy japonaise dans lequel le protagoniste est transporté dans un autre monde. Ces univers s’inspirent souvent d’une esthétique médiévale occidentale, mais leur construction narrative, leurs personnages et leur ambiance générale restent profondément marqués par la culture japonaise. Au fil des années, ce genre s’est diversifié au point de faire émerger plusieurs sous-catégories, dont celle du tensei — littéralement « réincarnation » — où le héros meurt avant de renaître dans un monde parallèle sous une nouvelle forme, qu’il s’agisse d’un être humain, d’un animal ou parfois même d’un objet.
Le shōnen, de son côté, désigne avant tout une cible éditoriale destinée à un jeune public masculin. Plus précisément, le shōnen nekketsu correspond à un type de récit mettant en scène une quête initiatique progressive, portée par un protagoniste attachant et des valeurs fortes telles que l’amitié, le dépassement de soi ou la persévérance.
La plupart du temps, ces deux approches sont traitées séparément. Je n’avais encore jamais découvert d’œuvre mêlant pleinement les codes du shōnen nekketsu et ceux de l’isekai dans une seule et même histoire. J’ai donc voulu relever ce défi.
Kami No Akuryo se situe ainsi à mi-chemin entre ces deux genres. Mon objectif est de tirer parti de leurs qualités respectives afin de proposer une œuvre qui me ressemble. En tant que lecteur et amateur de ces univers, j’ai également pris conscience des éléments que la communauté considère parfois comme redondants, maladroits ou incompatibles avec le type d’histoire que je souhaitais raconter. J’ai donc choisi d’emprunter certains codes, de les mélanger et de les adapter à ma manière.
On retrouve ainsi l’aspect quête initiatique évolutive propre au shōnen, à travers le voyage de Ryô et son objectif d’atteindre le Démon du Désespoir. Plus son périple progresse, plus les adversaires qu’il rencontre deviennent redoutables, les enjeux prennent de l’ampleur et le héros est amené à se surpasser pour surmonter les épreuves qui se dressent sur sa route.
L’influence de l’isekai se manifeste davantage à travers l’univers d’Orios et l’importante dimension introspective du récit. Cet aspect apporte une double lecture : celle des événements qui se déroulent sous les yeux du lecteur, mais également celle des pensées de Ryô, de son regard sur le monde et de la manière dont il interprète les situations et les personnes qu’il rencontre.
Concernant mes influences personnelles, Re:Zero et Mushoku Tensei constituent mes principales références pour l’aspect introspectif du protagoniste ainsi que pour l’atmosphère générale de l’univers.
Du côté du shōnen nekketsu, mes inspirations les plus marquantes sont Naruto, Katekyo Hitman Reborn !, Tokyo Ghoul et Fairy Tail.
Plus qu’une simple juxtaposition d’influences, Kami No Akuryo représente avant tout ma volonté de faire cohabiter deux genres que j’apprécie profondément, en essayant d’en proposer une interprétation personnelle.

Mon parcours
À travers cette aventure, la fin du lycée est rapidement arrivée. Entre la préparation du baccalauréat et les choix d'orientation à effectuer, le développement de l'histoire a dû être relégué au second plan.
La période qui a suivi a été particulièrement mouvementée. Mon parcours scolaire a emprunté une route parfois incertaine, faite de remises en question et de changements de direction. Désireux d'aller plus loin dans mon projet d'écriture, j'ai intégré une formation permettant d'accéder au BTS Édition, où sont enseignés les différents métiers du livre. Cependant, après une année d'études, j'ai choisi de ne pas poursuivre dans cette voie et de continuer à chercher le chemin qui me correspondait réellement.
C'est finalement lors de mon passage à la Mission Locale que Kami No Akuryo est revenu au premier plan.
Je disposais alors de davantage de temps pour développer l'univers, approfondir les personnages et améliorer le récit. Une fois ce premier travail accompli, est venue l'étape que redoutent de nombreux auteurs : faire lire son histoire aux autres.
À cette époque, j'ai commis ce que je considère aujourd'hui comme l'une de mes plus grandes erreurs d'auteur débutant : confier mon premier manuscrit terminé à mon entourage. Le problème n'était pas leur bonne volonté, mais le fait qu'ils n'étaient tout simplement pas lecteurs. D'ailleurs, moi-même je lisais encore relativement peu lorsque j'ai commencé à écrire.
Les retours ont été rares et souvent peu exploitables. Certains proches n'ont jamais terminé la lecture, tandis que d'autres ne l'ont même jamais commencée. J'ai alors compris qu'il me fallait trouver des personnes capables de me donner un avis fondé sur leurs habitudes de lecture.
C'est ainsi que j'ai découvert Wattpad.
La première difficulté à laquelle je me suis confronté fut le manque de visibilité. Comme de nombreux auteurs débutants, j'ai rapidement compris qu'il était extrêmement difficile d'attirer des lecteurs sans déjà posséder une communauté.
Je me suis donc tourné vers les échanges de lectures et d'avis. Le principe était simple : deux auteurs lisaient mutuellement le premier chapitre de l'autre avant de partager leurs impressions. Si les deux parties appréciaient ce qu'elles découvraient, la lecture pouvait se poursuivre.
Même si cet exercice demandait du temps et de l'investissement, les retours obtenus m'ont permis d'améliorer progressivement mon écriture.
Cependant, les lecteurs restaient difficiles à trouver. Afin d'obtenir davantage d'avis, j'ai commencé à explorer d'autres espaces de discussion, parfois éloignés des plateformes d'écriture traditionnelles. J'ai fréquenté des groupes Facebook consacrés aux mangas, des serveurs Discord spécialisés et différents espaces communautaires où il était possible d'échanger autour de la création.
C'est au cours de cette période que j'ai découvert Lanovel Édition.
J'étais particulièrement enthousiaste à l'idée qu'une maison d'édition indépendante se consacre au light novel, un format que j'appréciais énormément notamment part le fait que j'en créai un. Pendant un temps, j'ai pensé que Kami No Akuryo pourrait peut-être trouver sa place à leurs côtés.
Malheureusement, leur ligne éditoriale était exclusivement tournée vers des œuvres japonaises. En tant qu'auteur français écrivant une œuvre française, ma candidature ne pouvait pas être retenue.
Pourtant, ce refus ne marqua pas la fin de cette rencontre.
L'un des membres de leur équipe m'apporta une aide précieuse à un moment où j'en avais particulièrement besoin. Sans le savoir, cette rencontre allait ouvrir la porte à une nouvelle étape dans l'évolution de Kami No Akuryo.
Le Romvelle
À cette époque, Kami No Akuryo ressemblait davantage à un scénario qu'à un roman. Avec le recul, même cette appellation n'était pas totalement exacte.
La membre de Lanovel Édition qui m'avait lu — et qui est aujourd'hui une collègue écrivant ses propres light novels français, avec qui j'ai l'occasion d'échanger lorsque nous nous croisons en salon — a eu la gentillesse de m'expliquer la situation.
Mon manuscrit possédait certaines caractéristiques d'un scénario, mais il n'en respectait pas réellement les codes de présentation. Dans le même temps, il ne pouvait pas être considéré comme un roman, tant les descriptions étaient peu développées. Quant à la nouvelle, elle était rapidement écartée : l'histoire était beaucoup trop longue pour entrer dans cette catégorie.
Face à ce constat, elle me suggéra de m'intéresser à la manière dont sont écrites les pièces de théâtre.
Sur le moment, l'idée ne m'enthousiasma pas des masses. J'avoue même m'être demandé ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour me proposer une telle piste. Pourtant, en approfondissant le sujet, j'ai rapidement compris le potentiel de cette approche.
C'est au cours de ces recherches que j'ai redécouvert un terme que je n'avais plus entendu depuis les bancs de l'école : les didascalies.
Les didascalies sont des indications destinées aux interprètes et aux metteurs en scène. Elles permettent de décrire une action, une attitude, une émotion ou un élément visuel sans passer par le dialogue. En quelque sorte, elles constituent un lien silencieux entre l'auteur et ceux qui donneront vie à son œuvre.
Par exemple :
Hisui : Non mais, ne serais-tu pas un peu débile ?
(Elle prend sa pose habituelle, les joues gonflées et le visage tourné de côté.)
Le lecteur ne prononce pas ces indications. Elles servent uniquement à enrichir la compréhension de la scène et à transmettre des informations visuelles ou émotionnelles.
Cette découverte a profondément influencé ma manière d'écrire.
Puisque mon texte n'était ni un roman, ni une nouvelle, ni un scénario au sens strict, j'ai commencé à envisager l'idée d'assumer pleinement cet entre-deux. Je me suis alors amusé à imaginer un terme pour désigner ce format hybride.
C'est ainsi qu'est né le mot Romvelle.
Une contraction entre roman et nouvelle, destinée à représenter une forme d'écriture située entre plusieurs genres, empruntant certains codes à chacun sans appartenir totalement à l'un d'eux.
À l'époque, j'étais persuadé d'avoir trouvé quelque chose de révolutionnaire. Je me voyais déjà bouleverser les codes du monde de l'édition.
Avec le temps, je suis évidemment redescendu sur terre.
Les souvenirs de cette période sont aujourd'hui un peu flous et certains détails ont peut-être été altérés par les années. Une chose est néanmoins certaine : peu après cette réflexion sur le format de l'œuvre, j'ai fait la rencontre de Doshîn Éditions.
Et c'est à partir de là qu'une nouvelle étape de l'aventure Kami No Akuryo a véritablement commencé.
Les éditeurs
À la suite de mes échanges avec Lanovel Édition, j'ai été chaleureusement redirigé vers Dôshin Éditions, une maison d'édition française susceptible de s'intéresser à mon projet ou, à défaut, de me fournir un nouvel avis professionnel sur mon manuscrit.
J'y ai rencontré ses représentants, et la branche consacrée aux romans a accepté de me lire. Leur retour fut honnête et direct : mon récit manquait de descriptions.
Aujourd'hui, cette remarque peut sembler évidente. À l'époque, elle soulevait pourtant une multitude de questions. Qu'est-ce qu'une description ? Comment l'écrit-on ? Que faut-il décrire ? Jusqu'où faut-il aller ?
Face à ces interrogations, je me suis remis au travail. Je poursuivais les échanges de lecture sur Wattpad, mais avec un nouvel objectif : analyser la manière dont les autres auteurs construisaient leurs scènes, présentaient leurs décors ou retranscrivaient les émotions de leurs personnages.
Peu à peu, mon manuscrit évoluait. Les retours positifs que je recevais sur Wattpad finirent par me convaincre qu'il était temps de le présenter à des éditeurs. J'espérais toujours intégrer Dôshin Éditions, mais leur situation interne semblait de plus en plus compliquée et mon avenir chez eux demeurait incertain.
C'est à ce moment-là qu'un nouveau monde s'est ouvert devant moi. Celui de l'édition. Je découvrais alors des notions qui m'étaient totalement étrangères : les maisons d'édition à compte d'auteur, les maisons d'édition à compte d'éditeur et l'autoédition.
Très vite, j'ai compris qu'une grande partie des auteurs considérait les structures à compte d'auteur avec méfiance. Ces dernières reposent sur un principe simple : l'auteur finance lui-même la publication de son livre tout en versant une partie de ses revenus à la structure qui l'accompagne. Selon les contrats, les prestations proposées peuvent varier, mais le coût reste généralement supporté par l'auteur.
À l'inverse, les maisons d'édition à compte d'éditeur représentent souvent l'objectif recherché par de nombreux écrivains. Dans ce modèle, l'éditeur prend en charge les frais liés à la publication et assume les risques financiers du projet.
Quant à l'autoédition, elle offre une liberté presque totale. En contrepartie, l'auteur doit gérer lui-même l'ensemble du processus : correction, mise en page, illustrations, impression, diffusion, communication et commercialisation.
Avec le recul, je considère que chaque solution possède ses avantages et ses inconvénients. Le choix dépend avant tout des objectifs de l'auteur, de ses moyens et de son projet.
Malgré ces nouvelles connaissances, mes débuts furent loin d'être parfaits. J'ai commencé à envoyer mon manuscrit à différentes maisons d'édition spécialisées dans la fantasy. Après plusieurs semaines d'attente, les premières réponses sont arrivées. Certaines étaient étonnamment rapides et s'accompagnaient directement de propositions de contrat. À l'époque, cela me paraissait être une excellente nouvelle. J'ai rapidement compris que ce n'était pas le cas. Les réponses positives provenaient presque exclusivement de structures fonctionnant à compte d'auteur. En me renseignant davantage, j'ai découvert de nombreux témoignages d'auteurs ayant reçu des propositions similaires, parfois pour des textes manifestement inachevés ou problématiques. Cette expérience m'a appris l'importance de lire attentivement chaque contrat et de comprendre précisément les engagements demandés avant toute signature. J'ai donc décliné ces propositions.
Les réponses provenant des maisons correspondant réellement à mes attentes sont arrivées plus tard, mais elles furent négatives.
La situation s'est encore compliquée lorsque Dôshin Éditions m'a confirmé qu'ils ne pourraient plus accueillir de nouveaux projets. Leur structure traversait des difficultés importantes et l'avenir de leur branche éditoriale semblait incertain.
À ce moment-là, Kami No Akuryo aurait pu s'arrêter. Pourtant, l'idée d'abandonner ce projet né plusieurs années auparavant lors d'un simple devoir de français ne m'a jamais traversé l'esprit.
J'ai continué à travailler. Chaque refus devenait une occasion d'apprendre. Chaque retour constructif me permettait de progresser. Je poursuivais également les échanges de lecture sur Wattpad, à la recherche de conseils et de nouveaux regards sur mon texte.
C'est au cours de cette période que j'ai rencontré une autrice qui allait jouer un rôle déterminant dans l'évolution du projet. Avec le temps, elle est devenue une sorte d'alpha-lectrice pour l'écriture de Kami No Akuryo.
L'alpha-lecture intervient durant la phase de création et accompagne l'auteur dans le développement de son récit. Dans son cas, elle ne m'a accompagné que dans la structure de mon écriture. La bêta-lecture, quant à elle, intervient généralement lorsque le manuscrit est terminé afin d'identifier les derniers points à améliorer.
Grâce à ses conseils et à un travail constant de réécriture, j'ai progressivement appris à rendre mon texte plus fluide, plus clair et plus agréable à lire.
Une phrase qu'elle m'a dite à cette époque est restée gravée dans ma mémoire :
« Ne laisse pas tes lacunes t'empêcher de faire ce qu'il te plaît. »
Avec le recul, je pense qu'il s'agit d'un conseil valable dans bien plus de domaines que l'écriture. L'expérience s'acquiert avec le temps. Mais ce qui compte avant tout, c'est de se lancer même si on ne paraît pas fait pour ça. Faire ce que l'on aime, peu importe les difficultés.
Puis, un jour, cette même autrice m'a proposé de transmettre mon manuscrit retravaillé à sa propre maison d'édition. Après toutes les expériences précédentes, j'ai naturellement pris le temps de me renseigner sur cette structure avant de me faire de faux espoirs. Et c'est précisément à cet instant qu'un nouveau chapitre de l'aventure Kami No Akuryo a commencé.

Mon début éditorial
L'Entre-Rêve Édition est apparue comme l'opportunité qui pouvait enfin sortir Kami No Akuryo de l'impasse.
Parallèlement à eux, j'avais également envoyé mon manuscrit à une autre maison d'édition. Cependant, celle-ci annonçait un délai de réponse pouvant atteindre douze mois, tandis que L'Entre-Rêve me proposait un contrat en moins de deux mois.
Au regard de ce que j'avais appris sur le monde de l'édition, ce délai particulièrement court m'a d'abord surpris. J'ai donc pris le temps de me renseigner sur la structure, son fonctionnement et son catalogue. Après plusieurs échanges avec l'éditrice et une lecture attentive du contrat, j'ai confirmé qu'il s'agissait bien d'une maison d'édition à compte d'éditeur.
Face à une proposition sérieuse et à une attente potentielle d'une année entière ailleurs, j'ai choisi de saisir cette opportunité.
L'aventure éditoriale de Kami No Akuryo a alors véritablement commencé.
La phase de production s'est étalée sur près de huit mois. La correction du manuscrit a représenté environ trois mois de travail. La mise en page a nécessité un mois supplémentaire, tandis que l'attribution de l'ISBN et les différentes démarches administratives se sont déroulées au cours des semaines suivantes.
En parallèle, l'illustratrice travaillait sur les différentes illustrations du projet, accompagnant l'évolution du livre jusqu'à sa version finale.
Quelques mois plus tard, une date de sortie officielle fut annoncée : le 24 novembre 2024.
Dans les faits, le roman n'est finalement paru que le 29 novembre. Quelques ajustements de dernière minute, notamment liés à l'impression, ont nécessité un léger report afin de finaliser le projet dans les meilleures conditions.
Après des années d'écriture, de réécriture, de remises en question, de recherches, de refus et d'apprentissage, le premier tome de Kami No Akuryo existait enfin. Lorsqu'on repense au simple devoir de français qui a donné naissance à cette aventure, il est difficile d'imaginer le chemin parcouru depuis.
Voilà comment le livre que vous tenez aujourd'hui entre vos mains a vu le jour.
J'espère que cette rétrospective vous aura permis de mieux comprendre l'histoire de sa création et les nombreuses étapes qui ont conduit à sa publication.
Si cet univers vous plaît, je vous invite à poursuivre votre exploration à travers le reste du site, conçu comme un mini-wiki consacré à l'œuvre et à son univers.
Vous pouvez également suivre les réseaux sociaux du projet ainsi que les lives organisés régulièrement afin de découvrir les coulisses de sa création et les futurs développements de l'aventure.
Au plaisir de vous rencontrer en dédicace, en convention ou lors d'un live.
À bientôt.