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Découvrez comment ses artistes ont travaillé sur le projet

MAHAS | Chara-designers / illustrateurs manga
Avant ce projet, je cherchais activement un illustrateur capable de donner vie à la future version manga de Kami No Akuryo. C’est ainsi qu’en mars 2023, j’ai fait la rencontre de MAHAS, le nom choisi par Crozar et Raïdji, deux frères artistes originaires du Cameroun, pour représenter leur duo.
Mes premiers échanges avec des artistes ont commencé sur Instagram, mais sans réel aboutissement. C’est finalement grâce au site Graphiste.com que nos chemins se sont véritablement croisés, MAHAS et moi. Il s’agit d’une plateforme de freelances sur laquelle il est possible de publier une annonce en précisant son budget, le délai souhaité ainsi que la nature du projet recherché. Avec le recul, si vous êtes auteur ou porteur de projet et que les réseaux sociaux ne vous permettent pas de trouver les bonnes personnes, je peux sincèrement recommander cette solution. Les graphistes viennent naturellement à vous. La seule limite est que l’on ne choisit pas forcément qui prendra contact en premier, et il faut ensuite trouver le style qui correspond à ses attentes.
C’est ainsi que j’ai découvert le duo qui forme aujourd’hui MAHAS. Mais notre rencontre cache une histoire assez particulière.
Pendant plusieurs mois, nous avons échangé au sujet de Kami No Akuryo et des différentes illustrations nécessaires à la constitution du dossier éditorial. Puis, du jour au lendemain, plus rien. Des messages laissés en « vu », parfois même sans réponse, durant plusieurs semaines. Sur le moment, j’ai véritablement cru que notre collaboration s’était arrêtée avant même d’avoir commencé.
Je me suis alors souvenu qu’un compte Instagram m’avait été communiqué. Sans trop y croire, j’ai envoyé un message… et j’ai finalement obtenu une réponse.
J’ai ainsi découvert quelque chose d’assez inattendu : depuis le premier jour, je ne discutais pas avec les dessinateurs eux-mêmes.
Pendant tous ces mois, mon interlocuteur était en réalité leur cousin. Installé en France, celui-ci servait d’intermédiaire entre eux et leurs clients. Lorsque je demandais une modification ou recevais un dessin terminé, il transmettait simplement les consignes aux deux artistes avant de me renvoyer leur travail.
Cependant, des problèmes personnels l’ont contraint à mettre un terme à cette activité. Il n’a alors plus été en mesure de leur fournir de travail ni de leur assurer un revenu. Pour Crozar et Raïdji, la situation est devenue particulièrement difficile. Trouver un emploi dans le domaine artistique au Cameroun étant extrêmement compliqué, ils envisageaient d’abandonner leur rêve de vivre du dessin pour se tourner vers n’importe quel autre métier susceptible de leur permettre de subvenir à leurs besoins.
Lorsque j’ai appris cela, j’aurais très bien pu les remercier pour le travail déjà accompli et chercher quelqu’un d’autre. Après tout, rien ne m’obligeait à poursuivre l’aventure avec eux.
Mais je ne l’ai pas fait.
Je croyais sincèrement en leur niveau. Leur coup de crayon me plaisait énormément et, surtout, j’imaginais déjà Kami No Akuryo prendre vie sous leurs traits. J’ai donc essayé de leur redonner confiance. De leur faire comprendre qu’ils avaient du talent et qu’il serait dommage d’abandonner aussi vite.
Nous avons finalement poursuivi l’aventure ensemble, cette fois sans intermédiaire. D’auteur à illustrateurs. De client à artistes.
Grâce à eux, le dossier éditorial a pu être finalisé. Au fil du temps, ils ont continué à travailler sur l’univers de Kami No Akuryo et demeurent encore aujourd’hui les principaux candidats pour réaliser sa future adaptation manga.
Concernant le Light Novel, ils sont responsables du chara-design des personnages apparaissant pour la première fois et continuent, illustration après illustration, à donner vie à ce long projet.
Après toutes ces années, je peux dire que MAHAS fait désormais partie intégrante de l’aventure Kami No Akuryo.
Si leur travail vous plaît, n’hésitez pas à découvrir leurs créations et à les soutenir sur leurs réseaux sociaux, notamment sur Instagram et TikTok.

LETTSA |Illustratrice du Light Novel (tome 1)
Letssa est une graphiste freelance coréenne vivant en Corée du Sud. Son histoire avec Kami No Akuryo est un peu particulière car, en théorie, c'est peut-être elle qui est venue à moi plutôt que l'inverse.
Après avoir commencé à travailler avec les premiers illustrateurs du projet, il me fallait trouver une personne capable de donner vie au format roman. Mon objectif était de me rapprocher au maximum des codes du Light Novel japonais. En me renseignant sur le fonctionnement de cette industrie, j'ai rapidement compris qu'au Japon, l'illustrateur chargé des romans n'est généralement pas le même que celui qui réalise les planches de l'adaptation manga. J'ai donc décidé de chercher une nouvelle personne, malgré le fait que les futurs chara-designers du manga étaient déjà prêts à s'occuper également des illustrations du roman.
C'est durant cette recherche que j'ai découvert Fiverr. Contrairement à d'autres plateformes où ce sont les clients qui publient des annonces, Fiverr fonctionne à l'inverse : ce sont les artistes qui présentent leur portfolio, leurs tarifs et leurs services, laissant ensuite les clients les contacter directement. Ce système m'a tout de suite paru plus simple, car il permet de cibler plus facilement les styles graphiques qui correspondent à nos attentes.
Au milieu d'une multitude d'artistes américains, espagnols, anglais ou encore indonésiens — particulièrement nombreux sur la plateforme —, je suis tombé sur un profil qui a immédiatement attiré mon attention : celui de Letssa, une artiste coréenne dont le style se rapprochait énormément de l'image que je me faisais de Kami No Akuryo. Deux de ses illustrations, en particulier, m'avaient profondément marqué.
Lorsque je lui ai proposé de participer au projet, elle s'est montrée très enthousiaste. L'idée de pouvoir exercer son art dans un cadre professionnel à l'étranger, et plus particulièrement en France, semblait beaucoup lui plaire. De mon côté, travailler avec une artiste coréenne ou japonaise représentait également quelque chose qui me faisait rêver. J'étais donc très heureux de cette collaboration.
À cette période, j'avais déjà signé chez L'Entre-Rêve Éditions. Letssa a ainsi pu négocier directement avec mon éditrice concernant les tarifs et les modalités du contrat. Plusieurs mois d'échanges et de travail ont ensuite permis de donner naissance aux illustrations du premier tome.
Je tiens d'ailleurs à préciser qu'elle a visiblement accepté de réduire ses tarifs afin de s'adapter au budget de la maison d'édition. J'ai toujours eu le sentiment qu'elle souhaitait sincèrement collaborer avec un auteur français et gagner en visibilité en France. C'était une opportunité autant pour elle que pour moi, et je pense que nous avions tous les deux conscience qu'il aurait été dommage de la laisser passer.
Malheureusement, une fois le projet terminé, tout contact a été perdu.
Ses réseaux sociaux ont disparu, mes mails sont restés sans réponse et son profil Fiverr est demeuré hors ligne pendant des semaines. Pourtant, aucune dispute ni aucun différend n'étaient venus ternir notre collaboration. Nous nous étions quittés en excellents termes, allant même jusqu'à évoquer la possibilité de travailler ensemble sur le tome 2.
Encore aujourd'hui, je n'ai aucune explication à cette disparition soudaine. Après plusieurs mois d'attente, il m'a finalement fallu trouver un nouvel illustrateur pour poursuivre l'aventure.
Petite anecdote : j'avais déjà contacté Letssa une première fois à la mi-2023 pour réaliser la couverture du roman. À cette époque, ni mon projet ni moi-même n'étions encore suffisamment prêts pour concrétiser cette collaboration. Celle-ci ne se matérialisera finalement qu'un an plus tard, au milieu de l'année 2024.
Durant cette même période sur Fiverr en 2023, j'avais également pris contact avec Rosuuri, une illustratrice japonaise qui comptabilise aujourd'hui plusieurs centaines de milliers d'abonnés sur Instagram. Quand je regarde son parcours actuel et que je le compare au destin beaucoup plus mystérieux de Letssa, je trouve cela assez fascinant.
Je ne peux m'empêcher de sourire en imaginant ce qu'aurait pu devenir Kami No Akuryo si notre collaboration avait abouti à cette époque. Rosuuri est depuis devenue une artiste reconnue qui a su se faire un nom au Japon, et je trouve amusant de constater que nos chemins se sont croisés avant son ascension. Cela dit, je reste extrêmement satisfait du travail accompli par Letssa, et je ne regrette absolument pas cette expérience.
Malheureusement, ne pouvant plus vous orienter vers les réseaux de Letssa, je vous invite plutôt à découvrir le travail de Rosuuri. Son parcours est impressionnant et, si je ne me trompe pas, elle se lance également dans le V-tubing. N'hésitez pas à pousser votre curiosité plus loin et à découvrir les nombreux univers qu'elle propose à travers ses différents réseaux.

Anonyme | Illustration du tome 2
Il s'agit probablement du cas le plus particulier de tous.
Suite à la disparition de Letssa, j'ai dû accélérer mes recherches lorsqu'est venue la phase de création du tome 2. Après plusieurs expériences sur des plateformes de freelances, j'ai décidé de revenir là où tout avait commencé : Instagram.
À ce moment-là, je m'étais fait une promesse simple : contacter un maximum d'artistes jusqu'à ce que l'un(e) d'entre eux accepte de rejoindre l'aventure. Je me souviens d'ailleurs avoir été marqué par un épisode d'Oshi no Ko dans lequel l'assistant du producteur cherche désespérément des cosplayeuses pour une émission télévisée. D'une certaine manière, cela m'a poussé à faire la même chose à ma manière.
Après plusieurs demandes, quatre réponses me sont finalement parvenues. Deux artistes ont décliné la proposition, non pas parce qu'ils ; elles jugeaient le projet inintéressant, mais tout simplement parce qu'ils ; elles étaient déjà occupé(e)s entre leurs propres créations, leurs commissions ou encore leurs études.
Une troisième personne était intéresser mais malheureusement pas sur l'instant présent. Elle était prête à accepter plusieurs mois plus tard. C'est la quatrième qui a finalement confirmer sa participation.
Je ne pourrai cependant pas révéler son identité, car notre collaboration s'est conclue par une résiliation de contrat et un accord tacite de confidentialité. Cette personne ne souhaite plus être associée au projet, ce que je trouve sincèrement dommage.
Pourtant, tout avait commencé sous les meilleurs auspices. Son style me paraissait parfaitement correspondre à l'univers de Kami No Akuryo. Mais au fil du temps, l'artiste a remarqué certaines hésitations dans mes retours. Une réorientation artistique s'est alors amorcée d'un commun accord.
Je ne rentrerai pas dans tous les détails de nos échanges, mais je vais essayer de résumer les choses.
L'artiste souhaitait disposer d'une certaine liberté d'expression dans son travail, ce que j'ai essayé de respecter autant que possible. Malheureusement, lorsqu'il s'agit d'illustrer les dessins interne d'un roman, les scènes existent déjà. Elles ont été écrites, pensées et décrites à l'avance. L'illustration a pour rôle de retranscrire ce qui se trouve dans le texte, et non de réinventer la scène.
Or, sur plusieurs illustrations, même si l'ensemble respectait l'idée général, des éléments personnels ont été ajoutés sans qu'ils correspondent ni aux scènes décrites dans le manuscrit ni aux documents explicatifs que j'avais fournis. Cela a donc entraîné de nombreuses demandes de modifications.
Le problème est qu'une clause du contrat précisait qu'après trois corrections demandées par l'auteur, les suivantes devenaient payantes. De mon point de vue, je ne demandais pourtant pas des changements de convenance, mais simplement le respect des éléments décrits initialement.
Je comprenais la logique de l'artiste, qui défendait sa vision créative. Mais de mon côté, j'avais parfois l'impression que certaines décisions étaient prises sans mon consentement, avant que des frais supplémentaires ne soient réclamés pour revenir sur ces choix. Nos visions du métier et de la collaboration étaient tout simplement différentes.
Les tensions ont fini par s'accumuler.
Des paroles particulièrement blessantes m'ont été adressées et la situation s'est progressivement dégradée jusqu'à aboutir à un ultimatum.
Deux illustrations importantes restaient encore à produire, en plus de la couverture du tome 2.
Deux choix m'ont alors été proposés :
Le premier consistait à récupérer l'argent de la couverture, abandonner les deux illustrations restantes pourtant déjà payées et conserver les droits sur tout ce qui avait été réalisé jusqu'à présent.
Le second était plus radical : si je refusais cette proposition, l'artiste récupérait l'intégralité des droits sur toutes ses créations déjà réalisées, sans qu'aucun remboursement ne soit envisagé.
Je n'ai donc pas eu d'autre choix que d'accepter la première solution et de perdre plusieurs centaines d'euros afin de préserver tout le travail déjà accompli.
Avec le recul, engager une procédure judiciaire aurait sans doute représenté davantage de temps, d'argent et d'énergie que ce que j'étais capable d'investir. J'ai donc préféré avancer.
Cette histoire explique en partie pourquoi le tome 2 a mis autant de temps à voir le jour.
Je tiens malgré tout à préciser une chose importante.
Je respecte profondément le travail de cette personne. Son niveau artistique est indéniable et les illustrations réalisées sont, à mes yeux, magnifiques. En revanche, il arrive parfois de rencontrer des artistes, homme ou femme, extrêmement talentueux(ses) avec lesquels l'entente humaine et professionnelle ne fonctionne tout simplement pas.
Nos visions étaient trop différentes.
Cela ne signifie pas que je ne respecte pas l'être humain derrière ces dessins. Simplement, il s'agit d'une collaboration que je ne recommanderais pas à d'autres personnes.
Malgré tout, son travail fait partie intégrante du tome 2. Grâce à elle ou lui, vous pourrez découvrir des illustrations plus nombreuses que dans le premier volume et profiter pleinement de cette nouvelle étape de l'aventure Kami No Akuryo.

SHaDõ | Couverture du tome 2
SHaDõ est un illustrateur français actuellement étudiant à la Human Academy d'Angoulême, où il suit sa quatrième année de formation. Il a notamment la chance d'être encadré par des mangakas français et japonais, ce qui lui permet d'approfondir sa vision du dessin et de la narration.
La couverture du tome 2 de Kami No Akuryo représente sa toute première commande professionnelle. J'ai d'ailleurs été particulièrement surpris qu'un artiste d'un tel niveau n'ait encore jamais véritablement commencé une activité en freelance. Je suis donc honoré d'avoir pu être son premier client et de lui avoir offert cette première expérience professionnelle, à l'occasion d'une convention dans l'Essonne, près de Corbeil-Essonnes.
Durant la phase de conception de la couverture, il m'a expliqué que ses professeurs lui avaient appris à toujours proposer jusqu'à quatre croquis différents à leurs clients, afin de leur laisser un véritable choix artistique. Je dois reconnaître avoir énormément apprécié cette manière de travailler, surtout après l'expérience particulièrement compliquée que j'avais connue avec l'illustrateur ou l'illustratrice précédent(e).
J'espère sincèrement pouvoir poursuivre l'aventure Kami No Akuryo à ses côtés et, pourquoi pas, lui confier l'intégralité des illustrations du tome 3. L'avenir nous dira ce qu'il en sera.
Petite anecdote : le tarif qu'il m'avait proposé au départ me paraissait étonnamment bas au regard de la qualité de son travail. Je lui ai donc suggéré d'augmenter son prix, estimant qu'il méritait une rémunération plus juste. Il a finalement accepté de le revoir légèrement à la hausse.
Grâce à une collaboration saine, honnête et agréable, j'ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec lui. Son professionnalisme, sa capacité d'écoute et la qualité de ses réalisations en font un artiste que je recommande volontiers.
N'hésitez pas à découvrir son univers à travers ses réseaux sociaux ainsi que ses lives sur Twitch.